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Pensions en Australie : un système riche en enseignements

L’actualité de ces derniers mois, en France notamment, a remis la question des systèmes de retraite sur le tapis. Chaque travailleur doit-il épargner lui-même pour sa pension (capitalisation), ou est-ce au contraire à l’Etat d’en assurer le financement via les cotisations sociales (répartition) ? Force est de constater qu’aux quatre coins du monde, les pratiques et les perceptions sont loin d’être les mêmes en la matière.


Les pays développés sont confrontés pour la plupart au vieillissement de leur population et au resserrement de leurs finances publiques. Les gouvernements n’ont pas d’autre option que de trouver des alternatives pour financer les pensions. De plus en plus choisissent d’inciter les travailleurs à investir pour leur futur.


La retraite par répartition perd du terrain

En France, les retraites versées par l’État constituent encore plus des trois-quarts des revenus des pensionnés*. Une configuration qui fait aujourd’hui figure d’exception. En effet, si en Belgique ce type de système par répartition joue toujours un rôle central, l’épargne-pension y gagne progressivement en importance.

En 2018, plus d’un Belge sur deux bénéficiait déjà d’un plan d’épargne-pension. Mais si on y regarde de plus près, cela ne représente que 48,9 milliards d’euros, soit à peine plus de 10% de notre PIB, comme dans beaucoup de pays européens**. Nous sommes donc très loin des 140% en Australie, 155% au Canada, 173% aux Pays-Bas, ou encore 198% au Danemark. Des pays qui figurent tous dans le top 10 des meilleurs systèmes de pension du monde d’après le Melbourne Mercer Global Pension Index (MMGPI)***.


L’Australie, le système à la croissance exponentielle

En 2019, l’Australie s’est hissée à la troisième marche du podium. Et pour cause, au cours des 30 dernières années, la quantité d’actifs placés dans des fonds de pension australiens est passée de 73 milliards (45 milliards d’euros) à 2,9 trillions de dollars australiens (1,8 trillion d’euros), soit une croissance moyenne de 13% par an. C’est le quatrième plus gros portefeuille après celui des Etats-Unis, du Royaume-Uni et du Japon, pour une population à peine deux fois plus grande que celle de la... Belgique !

Certes, la bonne santé de l’économie australienne explique en partie ce développement rapide, mais d’autres facteurs entrent aussi en ligne de compte. A commencer par les rendements nets de la centaine de milliers de fonds de pension australiens, en moyenne 5,6 % par an entre 2008 et 2018 (le meilleur rendement de l’OCDE pour la période)**. Autre point fort : le système lui-même. Un système qui repose, comme en Belgique, sur trois piliers - une pension de vieillesse, une pension complémentaire et des contributions volontaires -, mais avec des différences de taille. 


Les régimes de pensions, pivot du système australien

Première différence : la pension de vieillesse est vue davantage comme un minimum vieillesse que comme un revenu. Celle-ci vise surtout à soutenir les plus bas revenus. Résultat, au-delà d’un certain niveau de patrimoine (résidences secondaires, investissements financiers, bateaux, crypto-monnaies, etc.), un pensionné perd une partie de cette allocation, ce qui l’encourage à se constituer sa propre épargne-pension. 

Deuxième différence : toute entreprise est légalement tenue de proposer un plan de pension à ses travailleurs, pourvu que ceux-ci prestent suffisamment d’heures. Résultat, de plus en plus d’Australiens bénéficient d’un tel plan (8 sur 10)**. Et surtout, chacun épargne davantage. Les employeurs contribuent à hauteur de minimum 9,5% du salaire (relevé à 12% d’ici 2025), mais peuvent aussi décider de verser plus****. Dans tous les cas, chaque bénéficiaire est libre d’opter pour le plan d’investissement qui lui convient le mieux : le plan par défaut, un plan adapté à son profil de risque, voire son propre plan s’il dispose de suffisamment de temps et de connaissances pour le constituer et le gérer. 

Enfin, dernier pilier proche de ce qui se fait chez nous. Plusieurs allègements fiscaux encouragent les Australiens à se constituer eux-mêmes une épargne-pension, comme pour la pension complémentaire, via les fonds existants ou en créant leurs propres fonds. 

Au final, la comparaison est sans appel : l’ensemble des contributions, placées à 43,7% en actions, représentent 8% du PIB en Australie, contre 0,4% seulement en Belgique**. De quoi s’assurer une retraite « satisfaisante » pour de nombreux d’Australiens, même si l’institut Mercer recommande au gouvernement de les inciter encore davantage à épargner pour leur pension. Dans l’état actuel des choses, les travailleurs les plus modestes peuvent espérer toucher l’équivalent de leur salaire net une fois à la pension. Quant à ceux qui bénéficient d’un salaire moyen, ils devraient en conserver en moyenne 70%*****, voire plus d’après une étude du Grattam Institute******.


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