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Le mois pour se sensibiliser à la finance aux États-Unis

Maîtriser certains concepts économiques et financiers peut permettre d’espérer s’assurer un quotidien et un avenir de qualité. Malheureusement, trop peu d’adultes en sont capables. C’est pour cette raison que le mois d’avril est devenu aux Etats-Unis le mois de la formation aux questions financières. L’idée séduit désormais partout dans le monde avec un objectif : comprendre et utiliser l'information financière dans sa vie quotidienne.


Ne pas comprendre les notions d’inflation, de taux d’intérêt, ou encore de risque peut coûter cher. Ce genre de lacunes peut en effet conduire à emprunter trop ou à des taux supérieurs, mais aussi, à épargner moins*. Et ce n’est pas tout, cela amène aussi à être moins prévoyant, en mettant moins d’argent de côté pour sa pension**. 

Le constat est d’autant plus inquiétant que, dans de nombreux pays, une grande partie de la population ne maîtrise pas ces concepts financiers. C’est le cas notamment en Belgique, où 55% seulement des adultes sont considérés comme alphabétisés financièrement. C’est aussi le cas aux Etats-Unis (57%)***. Les pouvoirs publics américains ont donc décidé de prendre le taureau par les cornes, faisant du mois d’avril le mois de la “littératie financière”, autrement dit l’aptitude à lire, à comprendre et à utiliser l'information financière dans la vie quotidienne. 


Une idée vieille de 17 ans… qui a de l’avenir

L’idée remonte à 2003. A l’époque, le Sénat veut éduquer les jeunes mais, très vite, c’est une évidence : le problème concerne l’ensemble de la population adulte. Avril 2004 devient donc le premier mois de l’éducation financière outre-Atlantique. Avec, au programme, une mobilisation sur tous les fronts de la part des institutions financières et, bien sûr, des associations, qui distribuent du matériel éducatif et organisent des événements promotionnels. 

La période de l’année n’a pas été choisie au hasard. En avril, de nombreuses familles opèrent des choix décisifs pour les études de leurs enfants, et bien sûr pour le financement de ces études. L’apprentissage des concepts financiers au sein même des écoles est d’ailleurs un des axes privilégiés de ce mois de sensibilisation. Et pour cause, aux Etats-Unis, moins de 17% des élèves sont tenus de suivre un cours de finance pour obtenir leur diplôme****. 

Mais l’événement vise aussi le reste de la population. A commencer par les travailleurs, au sein de leur entreprise. De plus en plus d’entre eux bénéficient en effet de plans de pension et/ou de santé notamment, nécessitant souvent de faire des choix avisés en matière d’épargne et d’investissement. Et leurs employeurs ont tout intérêt à les encadrer dans cette démarche. En 2015, plus d’un Américain sur deux déclarait que ses soucis d’argent perturbaient sa concentration et sa productivité. 


Prendre ses finances en main

Difficile évidemment de mesurer l’impact de ce mois de la « littératie financière » depuis 16 ans aux Etats-Unis. Au fil du temps, d’autres initiatives ont vu le jour pour enrichir les compétences financières de la population. De plus en plus d’Etats américains ont par exemple légiféré pour imposer la tenue de cours de finances dans le secondaire. Mais, une chose est sûre, l’opération a fait des petits. 

Au Canada tout d’abord, où 68% des adultes sont pourtant alphabétisés financièrement (3e meilleur résultat après le Danemark et la Norvège)***, sept ASBL y ont lancé un mois de la « littératie financière », inscrit dans la loi en 2012. Là, c’est le mois de novembre qui a été choisi pour mobiliser les différents acteurs et “mettre en valeur les programmes, les services et les outils disponibles pour aider les Canadiens à améliorer leurs connaissances, leurs compétences et leur confiance en eux afin qu’ils puissent prendre les décisions financières qui leur conviennent le mieux”*****.  

L’opération est bien coordonnée et bien rodée. Mieux peut-être qu’aux Etats-Unis. Chaque année, au niveau national, une thématique est à l’honneur et déclinée en quatre sous-thèmes au cours du mois. En 2019, des services publics, des institutions financières, des associations, ou encore des entreprises ont encouragé jeunes et moins jeunes à “prendre leurs finances en main ”, en “établissant un budget”, en “se fixant des objectifs financiers”, en “devenant un consommateur de produits et services averti” et en “empruntant de l’argent judicieusement”.


Des cours et séminaires pour les élèves de 32 pays en Europe

Dans le monde, l’importance de maîtriser les bases de la finance commence aussi à être reconnue, surtout suite aux conséquences de la crise financière de 2008. Des initiatives de sensibilisation sont donc nées, à gauche et à droite, même si elles sont moins ambitieuses qu’en Amérique du Nord. Une semaine de la « littératie financière » est ainsi organisée en Inde, aux Philippines, en Zambie de même qu’en en Europe ! La sixième “money week”, c’est son nom sur notre continent, devait avoir lieu cette année du 23 au 27 mars******. Malheureusement encore de manière assez confidentielle. Dans une quinzaine de pays, des élèves testent leurs compétences en matière de gestion de budget, d’emprunt ou d’investissement pour la pension, certains bénéficiant de conférences pour les améliorer. Une démarche balbutiante en appelant sûrement d’autres tant la tâche paraît colossale. 


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